L'Eure et Loir
Le département d'Eure-et-Loir est un département français.
C'est l'un des six départements formant la région Centre et son chef-lieu départemental est Chartres.
Il tire son nom des deux principales rivières qui le traversent
l'Eure, affluent de la Seine, et le Loir, affluent de la Sarthe.
Un peu d'histoire
Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790
en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir, principalement,
de parties des anciennes provinces de l'Orléanais (Beauce) et du Maine (Perche),
mais aussi de l'Île-de-France (Drouais, Thimerais, Vallée de l'Avre, Hurepoix).
L’actuel département d'Eure-et-Loir correspond à la partie centrale du territoire des Carnutes
dont Chartres était la capitale, sous le nom d’Autricum.
Les Carnutes sont célèbres surtout pour leur lien, réel ou présumé, à la religion gauloise.
C'est en un locus consecratus, dans la mythique « forêt des Carnutes »
que les druides auraient tenu leur réunion annuelle.
Au nord du département, le peuple gaulois des Durocasses avaient pour capitale Dreux.
Au Moyen Âge, le territoire actuel du département est dominé par la ville de Chartres.
Elle se développe grâce à la culture des riches terres de Beauce (marché au blé) et à
sa vocation religieuse due notamment à la présence de la relique du Voile de la Vierge
(don de Charles-le-Chauve en 876).
Sur l'impulsion de Fulbert de Chartres, elle sera le berceau
d'une renaissance intellectuelle avec la fondation de l'École de Chartres.
Au nord, Dreux, la vallée de l'Avre et le Thimerais, de même que le Comté du Perche à l'ouest
constituent des postes avancés des rois de France face aux ducs de Normandie.
Les terres d'Eure-et-Loir, par leur intérêt stratégiques, sont donc très tôt ancrées dans la mouvance capétienne
et progressivement rattachées aux anciennes provinces de l'Orléanais et de l'Île-de-France.
Durant la Guerre de Cent Ans, le territoire du département sera au centre de plusieurs conflits
en raison de sa proximité avec Paris et Orléans.
Le traité de Brétignyqui mit fin provisoirement à la guerre y sera signé près de Chartres.
À partir de la Renaissance, l'Eure-et-Loir devient également une région prisée par les rois de France
pour y installer leurs favorites : Diane de Poitiers (Anet), puis Madame de Maintenon
ou encore la marquise de Pompadour (Crécy-Couvé).
Le département est également marqué par la présence de Maximilien de Béthune, duc de Sully
décédé en son château de Villebon et inhumé à Nogent-le-Rotrou.
À la Révolution, il est dans un premier temps envisagé de créer un département beauceron.
La Beauce a en effet l'avantage de n'avoir jamais été une province sous l'Ancien Régime.
Sa dimension essentiellement géographique et non politique s'inscrivait
donc parfaitement dans l'idéologie révolutionnaire.
Ce projet sera principalement mis en échec par la volonté du roi de ne pas voir scindé
en un nombre trop important de départements ses possessions franciliennes.
La création du département dans sa configuration actuelle tient également
aux résistances des terres du Thimerais et du Drouais à se voir agrégées à celles de l'ancienne Normandie
et à l'impossibilité de conserver au Perche son unité, en partie pour des raisons politiques
et surtout à cause de l'absence d'une ville suffisamment importante pour se prévaloir
du rang de chef-lieu de département.
Chartres, avec entre-autres le général François Séverin Marceau, l'abbé Sieyès ou encore Brissot de Warville
chef de file des Girondins, donnera plusieurs grands hommes à la Révolution.
Au XIXe siècle, le nord du département connaît une forte industrialisation, avec notamment
les imprimeurs Firmin Didot et les manufactures textiles des Waddington.
Chartres conserve essentiellement sa vocation commerciale grâce à son important marché au blé
et au commerce de la laine des nombreux élevages de moutons
dont la foire de Châteaudun est aussi un haut lieu.
Au XXe siècle, le département devient de plus en plus économiquement lié
au développement de la région parisienne.
Chartres et Dreux profitent pleinement de cette proximité avec l'implantation
de plusieurs grandes entreprises (dont les futurs établissements de Philips),
pendant que la vallée de l'Eure qui les relient devient un lieu de villégiature
avec la construction de nombreuses résidences secondaires.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le département est marqué par son préfet Jean Moulin
qui y fera son premier acte de Résistance face à l'occupant.
La ville de Chartres est partiellement détruite par un bombardement en 1944
qui toucha particulière sa bibliothèque.
Après-Guerre, l'est du département intègre progressivement l'aire urbaine de Paris,
les cantons d'Anet, Maintenon et Nogent-le-Roi, voire d'Auneau, devenant intimement liés
à ceux du département des Yvelines limitrophes.
En politique, le département sera la terre d'élection et le berceau de plusieurs grandes figures
des IIIe et IVe républiques :
William Henry Waddington (ministre de l'instruction publique en 1873 et 1877)
Maurice Viollette (ministre d'État sous le Front populaire)
Paul Deschanel (président de la République en 1920)
Maurice Bourgès-Maunoury (président du Conseil en 1957)
Au tournant des années 1980, Dreux deviendra une ville politiquement singulière
en élisant comme maire en 1977, puis députée en 1981
Françoise Gaspard
l'une des premières femmes politiques ayant assumé publiquement son homosexualité
puis en étant le théâtre d'une alliance en 1983 entre la droite locale et le Front national
mené par Jean-Pierre Stirbois, dont la veuve sera élue députée en 1989.
Le département d'Eure-et-Loir fait partie de la région Centre.
Le département s’étend au sud-ouest de l’agglomération parisienne et comprend
plusieurs plateaux du Bassin parisien :
au nord, le Thimerais ; à l’est, la Beauce ; au sud, le Dunois.
Dans l’ouest du département, le relief s’élève et forme les collines du Perche,
attenantes à la fois à la Normandie et aux Pays de la Loire.
Le département a par ailleurs bénéficié de la création du Parc naturel régional du Perche.
L'Eure et le Loir sont les principaux cours d’eau du département.
Le Perche-Gouët marque la transition entre la Beauce et le Perche.
